Interview | « Il y a des jours où je me demande pourquoi j’ai fait la direction. »

Son ancienne classe, au-dessus de son nouveau bureau, manque à la directrice. © Arthur DUJARDIN

Jennifer Robertson fréquente l’école Notre-Dame Auxiliatrice depuis son enfance jusqu’à être désormais directrice. Elle revient sur cette transition ainsi que sur les préjugés et les axes méconnus du métier de directrice.

« Je n’ai que 44 ans donc ça va je suis encore là », rit « Jenni » comme on l’appelle au sein de l‘établissement, quand on lui parle de sa succession. La néodirectrice ne souhaite en effet pas faire de ce lieu une tyrannie comme certains clichés peuvent laisser entrevoir ce métier. Elle affirme qu’au quotidien ses collègues formant le Dilitou (Directeurs Libres de Tournai) sont très précieux : « On se soutient les uns les autres, on a besoin de soutien parce que la direction est très seule au quotidien. Avoir ses collègues à côté c’est un appui très précieux. »

Un passage de prof à directrice qui s’est très bien passé, car il était prévu et préparé en amont comme l’avance Jennifer Robertson : « Je ne voulais pas le faire tout de suite, car j’estimais qu’une ancienneté en tant que prof était nécessaire. Mais j’avais en projection assez vite de reprendre les rênes ». Bien que séduite par cette fonction, il n’était pas question pour elle de le faire ailleurs que dans cette école pour une raison : « J’ai toujours dit que je voulais faire la direction à NDA et pas ailleurs parce que je connaissais l’équipe pédagogique et je savais que c’était une très bonne équipe avec qui il y avait moyen d’avancer et c’est ça que je recherche dans mon métier. Ça a des points forts et des points faibles, parce que je les connaissais déjà très bien, eux me connaissaient très bien et on connait les forces et les faiblesses de chacun autant dans un sens que dans l’autre. »

Directrice, pas un métier facile ni de tout repos

Comme Jennifer l’explique : « La chose la plus importante dans notre métier c’est le dialogue, la communication, c’est vraiment le point central. » Mais le métier peut également être difficile moralement : « On doit tout le temps être présent pour tout le monde, il y a des jours où c’est très compliqué. » L’évolution de l’enseignement a eu son rôle également : « On en demande de plus en plus à tout le monde et à un moment donné la corde est trop tendue et elle va lâcher, il y a de bonnes choses qu’on peut garder et malheureusement on ne les garde pas, honnêtement ça me fait un peu peur pour l’avenir. »

Par Arthur Dujardin